Le Kitesurf en light wind, on essaie ?

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Le kitesurf en plein été c’est le pied, le rêve, l’eau est chaude (en tout cas toujours plus chaude qu’en plein hiver), le soleil nous accompagne et le vent plus ou moins léger est de la partie. Mais justement, question vent, pratiquer le kitesurf en light wind c’est parfois compliqué, voire même décourageant, voici quelques tips à avoir pour valider une session qui semblait mal partie 😉

Il faut bien le dire, même si ça peut en énerver plus d’un, alors que le vent annoncé pour la session semble bien stabilisé (sur la carte météo avec plein de traits tout ça, tout ça), on peut avoir un moment de solitude lorsque l’on s’aperçoit que le vent sera finalement moyennement dans l’air du temps et qu’en plus, une fois sur le spot, à se regarder en chien de faience (si, si, on le fait tous), certains qui ont du matos similaire (surface de voile, taille de planche) mais qui sont « bien » plus lourds que vous vont mieux s’en sortir. Là, forcément, y a un loup, c’est donc clair, la technique joue un role ENORME !!!!

Le Kitesurf en Light Wind, comment ça marche ?

Techniquement qu’entend-on par « light wind » ? Le Light wind ou vent léger, c’est le vent qui souffle en deçà de 4 sur l’échelle de Beaufort, ce sont les légères brises marines, ou alizés qui viennent vous faire dire qu’il y a du vent, et qui vous font douter de sa portance.

Beaufort avait le premier mis en place un tableau d’échelle de vitesse du vent, que la l’Amirauté Britannique adoptera en 1874. Il s’agit de mesurer la vitesse moyenne du vent sur une durée de dix minutes utilisée dans les milieux maritimes.  On vous rappelle ci-dessous le tableau qui sert de repère international:

Tableau de Beaufort

Comme on peut le voir ci-dessus, on estime que le light wind peut aller jusqu’à 4 Beaufort : les ailes se gonflent, et sont en mesure de tracter. Alors comment se fait-il que l’on ne soit pas tous à la même enseigne question navigation ?

Il faut se rendre à l’évidence, on ne peut pas QUE se référer au tableau de l’échelle de Beaufort, il faut aussi avoir en tête que plus la résistance est forte, plus la force de traction devra être en conséquence pour permettre de naviguer. Il faudra donc s’assurer de veiller à la bonne prise en compte des points suivants:

  • Le taux de salinité influe fortement sur la force de traction (plus il y a de sel, moins la traction doit être importante)
  • le courant de l’eau (plus il y a du courant, plus la traction va être simplifiée ou compliquée en fonction de la direction du courant d’eau)
  • le plan d’eau qui peut ne pas être en adéquation avec le tableau ci-dessus (fort vent, mer super flat)
  • la surface de l’aile et la taille de la planche qui va aller de pair avec le gabarit du navigant
  • pratique de pilotage du kitesurfer
  • le poids du navigant (plus on est lourd, moins il y a de portance, plus on coule)

Tu (re)prendras un peu de sel ?

Ben oui, forcément, si l’on se pose 5 minutes comme ça, tout paraît plus clair, le sel aidant à flotter, il sera nécessaire au bon départ en waterstart (c’est à dire au départ rapide), et donc naviguer en lac correspond la plupart du temps à devoir ajouter environ 1 à 2 mètres de toile sur la surface habituelle pour une force de vent donnée. De même, comment expliquer que le vent « ne porte pas pareil » dans les îles  ? Effectivement, la salinité de l’eau de mer varie à la surface du globe terrestre, en fonction de la latitude, de l’ouverture des mers vers les océans, de leurs dimensions, des apports terrestres, des courants… Donc en gros, si tu navigues sur la mer Baltique, t’es mal, si tu te trouves sur la mer Morte t’es le roi du monde !!!

Juste pour info, la mer Méditerranée porte 1,15 fois plus que l’océan Atlantique… voilà, voilà

Qui a la plus grande ?

Olalalala !!!! Quelles idées mal placées vous avez 😉

Alors, c’est pas le tout, mais est-ce qu’on choisit une aile spécial light pour sortir (selon où on se trouve) 4 fois dans l’année ? Comment organiser son quiver par rapport à sa navigation ?

Déjà une aile pour le light wind sera une aile qui sera supérieure à 12m de surface de toile. Quand on se pose la question de la bonne surface pour le kitesurf en light wind, c’est qu’on est censé avoir dans son quiver une 6-7m (vent fort), une 8-9m (vent moyen), une 12m (vent moyen à léger).

Le choix d’une plus grande surface va se faire sentir lorsque vous pèterez un câble vous impatienterez sur le bord du rivage, en sentant cette brise onduler sur le saillant de la pommette tout en pleurant au-dessus de votre anémomètre. Par contre il va falloir se concentrer sur la réactivité de la voile, sa bonne capacité à redécoller, et son fond de puissance aussi.

La réactivité de l’aile est vraiment très importante pour vous permettre de piloter le plus nerveusement possible et donc de créer rapidement de la vitesse et de passer du vent apparent au vent de vitesse. Le fond de puissance de l’aile maintiendra la force de ce vent apparent.

Petit rappel sur les 3 vents en présence:

  • le vent réel : vent généré par les différences de pressions atmosphériques ainsi que les effets de site. C’est le vent que la météo tente de prédire… Sauf pour le thermique qu’Evelyne et Catherine ne voyaient jamais sur les cartes 😉
  • le vent vitesse : vent créé par la vitesse. Il s’agit tout simplement du vecteur opposé au vecteur vitesse.
  • le vent apparent : composante du vent réel et du vent vitesse. Il s’agit du vent que l’on ressent.

Choisissez donc une aile dont le redécollage est un des points forts. En effet, il y a quand même plus de probabilités de redécoller une aile dans le light, ce point est donc à ne surtout pas négliger !

Une aile de light wind sera donc une aile qui aura un comportement sain en plage basse, qui va pouvoir assumer les molles, et pour autant, qui saura garder la pêche que vous aller lui apporter en pilotant fort (eh oui !)

Le Kitesurf en light wind, focus sur le pilotage

Bien que le choix de l’aile soit primordial et qu’une 14-15 m paraît être un bon compromis pour la majorité d’entre nous (17m pour les gros gabarits), il ne faudra pas pour autant oublier le pilotage, qui aura ici toute son importance.

Parce que l’on sait tous ici que piloter dans du vent présent, ben, avec un bon apprentissage, on s’en sort tous, mais piloter dans le light wind, c’est pas la même !!! Tout d’abord, il va falloir, comme on le disait plus haut, penser vitesse, donc attention à gommer certains tics qui peuvent être nuisibles en light, genre penser la remontée au vent AVANT de penser vitesse. Donc il faudra impérativement travailler la fenêtre de vol abondamment en abattant avant de se mettre au cap.

Pareil, voile sera plus fine en étant portée haute dans la fenêtre de vol pour soulager le poids du rider, donc moins de care, moins de trainée, moins de frein. Et puis surtout n’oubliez de ressourcer votre voile avant que celle-ci ne s’essouffle

Gérer sa planche de kitesurf en light wind

Naviguer en light wind, c’est aussi au niveau de la planche que ça se travaille. Donc SURTOUT bien penser à conserver votre toute première planche sur laquelle vous avez tiré vos premiers bords, et qui est généralement la cousine de la pinche à voile et la soeur de la planche à repasser, mais que vous aller aimer d’amour pendant vos plans pétole… Expérience quand tu nous tiens 😉

Le travail de la planche c’est de faire en sorte de partir au planning le plus fluidement possible rester concentrer sur la glisse, penser glisse, tenter d’être le plus linéaire possible, pour gagner de la vitesse. Une fois cette étape admise, on pourra cranter pour récupérer son cap et remonter au vent, mais pas tout de suite, sous peine de perdre en vitesse et de rester à l’arrêt.

Une bonne planche de light wind, toujours selon les gabarits, sera une planche qui dépassera de fait les 140 cm de long, et les 42 cm de large. Le kitesurf en light wind, c’est aussi la possibilité de naviguer avec d’autres supports tels que le surf ou le tiki sans pour autant travailler énormément sa technique, comme la navigation en foil le demanderait.

Le Kitesurf en Light Wind c’est simple !

Vous l’aurez donc compris, naviguer en light wind c’est juste avoir trois mots en tête : VITESSE – RESSOURCE – GLISSE

La position du corps, de l’aile, le pilotage vont devoir s’adapter pour gagner en fluidité. La première fois en light wind c’est toujours un moment de flottement #ahahahaha mais ça vaut le coup, et ces quelques tips vous sauveront quelques sessions cet été 🙂

On se quitte avec la grosse astuce de Maître Gims : » sans rallonges, (ce soir) ne sors pas ! »

Et ouais, les rallonges de lignes c’est ce graal qui te permettra de gratter encore quelques noeuds et de faire passer ta 12m pour une 14, tout en gardant la réactivité de ta 12.  Ces quelques 6 mètres supplémentaires te récupèreront un bout de vent quand tu croyais que celui-ci t’avait lâché… Bref c’est l’arme absolue quoi qu’il en soit à dégainer dans le light #jdiscajdisrien et ça te permettra de faire la différence entre ceux qui resteront sur la plage et les autres sur le spot !!!

« … C’est blindé à l’entrée, ça n’a pas l’air d’avancer »

Tableau de Beaufort

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